{"id":1041,"date":"2004-12-07T02:05:40","date_gmt":"2004-12-07T01:05:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.justbewise.net\/?p=1041"},"modified":"2004-12-07T02:05:40","modified_gmt":"2004-12-07T01:05:40","slug":"nimporte-saouak-part-iii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.justbewise.net\/?p=1041","title":{"rendered":"N&rsquo;importe Saouak Part III"},"content":{"rendered":"<p>La Terre avait trembl\u00e9 genre magnitude 10.5 comme sur M6, son coeur avait flanch\u00e9, elle \u00e9tait tomb\u00e9e plus bas que le garage souterrain, en dessous des tuyaux, des cables t\u00e9l\u00e9phone, du cadavre enfoui, de la couche s\u00e9dimentaire basaltique et de la poche de magma superficielle. Apr\u00e8s ces mois de lutte acharn\u00e9e, de bataille de r\u00e9gime quotidien, de perches \u00e0 la Galfionne lanc\u00e9es, le Bel Adonis s&rsquo;\u00e9tait tap\u00e9 Marie. Vil trait0r, elle n&rsquo;avait m\u00eame pas eu le temps d&rsquo;y go\u00fbter qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 souill\u00e9 par la pute qui se disait \u00eatre sa meilleure amie, alors elle s&rsquo;enferma chez elle, avec un pot de Nutella Christmas Edition et une bo\u00eete de mouchoir triple \u00e9paisseur sp\u00e9cial d\u00e9tresse sentimentale.<br \/>\nC&rsquo;est fou, fou ces choses qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait imagin\u00e9es sur lui, non, pas qu&rsquo;elle avait imagin\u00e9, qu&rsquo;elle avait CRU, ses faux-semblants, ses phrases qui la touchaient, voil\u00e0 maintenant qu&rsquo;elle se retrouvait non pas c\u00e9libataire, vu que c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 depuis un an, mais le coeur vide, tranch\u00e9 en deux sans qu&rsquo;elle puisse exprimer sa col\u00e8re et sa d\u00e9tresse \u00e0 son \u00e9gard, sans qu&rsquo;elle puisse lui hurler dans les oreilles sa haine de ce qu&rsquo;il est, sans le recours des filles largu\u00e9es de l&rsquo;univers; la menace de suicide et l&rsquo;ingestion de 10 cachets de paracetamol.<br \/>\nElle n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 largu\u00e9e. Elle n&rsquo;avait rien \u00e9t\u00e9, et quand on est rien, c&rsquo;est encore plus dur que d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 quelque chose dont on a un quelconque souvenir auquel se raccrocher.<br \/>\nElle a d\u00e9branch\u00e9 la freebox, allum\u00e9 la t\u00e9l\u00e9, enfil\u00e9 sa grenouill\u00e8re et son sweat Dickies mit\u00e9 du coll\u00e8ge, enfoui ses pieds dans une couverture et laiss\u00e9 ses cheveux s&#8217;emmeller et devenir gras. Sur la table basse du salon tra\u00eenent les restes de glaces, yahourts, caf\u00e9s, th\u00e9s, tartines, des emballages, des couverts, \u00e0 peu pr\u00e8s de tout. Sa soeur avait quitt\u00e9 l&rsquo;appart, elle \u00e9tait seule, mais pas seule comme tout c\u00e9libataire, avec ce petit bout d&rsquo;espoir envers quelqu&rsquo;un, ce petit morceau d&rsquo;amour qui veut s&rsquo;accrocher \u00e0 n&rsquo;importe qui qui veut bien passer, elle, son morceau avait grossi comme un cancer dont on s&rsquo;accomode avec bonheur, et la tumeur \u00e9tait devenue maligne et s&rsquo;\u00e9tait metastas\u00e9e dans tout son coeur, elle avait atteint ses hormones, qui la faisaient frissonner \u00e0 son contact, \u00e0 son regard et \u00e0 ses mots, et, paf, gu\u00e9rie, d&rsquo;un coup, elle se retrouvait seule sans m\u00eame ce morceau l\u00e0, arrach\u00e9 de force par Marie l&rsquo;infirmi\u00e8re lubrique et sa paire de seins parfaits sur laquelle elle s&rsquo;\u00e9tait souvent appuy\u00e9e par le pass\u00e9 pour pleurer ses malheurs avec sincerit\u00e9.<br \/>\nQuelques semaines suffiraient \u00e0 la sortir de cet \u00e9tat, quelques semaines avant qu&rsquo;elle trouve quelqu&rsquo;un qui soit assez gentil et agr\u00e9able \u00e0 regarder pour se replacer dans la zone \u00ab\u00a0gar\u00e7on potentiel\u00a0\u00bb de son coeur, elle esperait cette fois que c&rsquo;\u00e9tait la bonne, \u00e9videmment, sinon elle ne serait pas humaine, \u00ab\u00a0la bonne\u00a0\u00bb signifiant simplement avoir une relation classique avec lui, avec des disputes, des mots maladroits de la part de ce gar\u00e7on pourtant attentionn\u00e9, des gestes gauches de ses mains parfaites, et des larmes dans son regard Or.<br \/>\nLundi. Elle prend le temps d&rsquo;aller chez le coiffeur, arm\u00e9e d&rsquo;une photo de magazine comme exemple, c&rsquo;est sa premi\u00e8re sortie depuis 10 jours, elle s&rsquo;est faite propre, a pris le soin de s&rsquo;habiller avec son jean simplement \u00e9vas\u00e9 sur ses Converses Anthracite, un hoodies Iron Maiden de 1988 original sorti de son propre placard de l&rsquo;\u00e9poque, des moufles qu&rsquo;elle a tricot\u00e9es elle-m\u00eame, un bonnet noir de laine \u00e9paisse qui gratte le haut des oreilles mais r\u00e9chauffe comme un matou endormi, elle a pris son grand sac en bandouli\u00e8re pour y caser les magazines qu&rsquo;elle se gardait pour patienter pendant la couleur.<br \/>\nDes gar\u00e7ons croisent son regard, un a m\u00eame sourit, \u00ab\u00a0pas maintenant\u00a0\u00bb se dit-elle, \u00ab\u00a0repasse me sourire plus tard, pas maintenant\u00a0\u00bb. Elle pousse la porte vitr\u00e9e et tend la photo \u00e0 la n\u00e9o-punkette anciennement racaille-style de chez Stephan&rsquo;, \u00e9videmment elle s&rsquo;extasie sur le choix merveilleux et ravissant, t\u00e9, connasse, on choisit pas des coiffures de plix pour se refaire un moral hein, putain d&rsquo;executante, elle s&rsquo;\u00e9tait mise \u00e0 ha\u00efr ces petits boulots \u00e0 trente centimes, les secr\u00e9taires, les commerciaux, les techos de la hot line, toute une bande de putain d&rsquo;incapables sous cultiv\u00e9s qui triment pour gagner leur smicos ou leur prime de vente de 50 euros par mois dans l&rsquo;espoir de choper un DVD de plus chez Leclerc, ou une soir\u00e9e entre amis dans un bar pseudo branch\u00e9 o\u00f9 ils payeront leur tour de bouteille et boufferont des pates le reste du mois.<br \/>\nCette coiffeuse \u00e9tait un parfait exutoire de sa haine de l&rsquo;\u00eatre humain actuel, mais elle ne put s&#8217;emp\u00eacher de sourire \u00e0 ses discussions l\u00e9g\u00e8res, finalement, malgr\u00e9 tout, elle \u00e9tait sympathique.<br \/>\nFichue anthropophilie, elle ne peut se forcer \u00e0 d\u00e9tester les gens, il faut toujours qu&rsquo;elle leur trouve une excuse, ou pire, un cot\u00e9 appr\u00e9ciable, m\u00eame au plus sombre des enfoir\u00e9s qui la quittent sans m\u00eame l&rsquo;avoir prise comme amante auparavant.<br \/>\nAssur\u00e9e par ses nouveaux cheveux, elle appelle son chef et lui signale son retour le lendemain, la fin de la crise passag\u00e8re, et le nouveau d\u00e9part, pr\u00e8te \u00e0 sombrer dans son taf pour se sauver la vie, pr\u00e8te \u00e0 passer \u00e0 nouveau des heures sur Flash, des heures \u00e0 cr\u00e9er, \u00e0 faire quelque chose de ses mains et de son cerveau, pr\u00e8te \u00e0 ressortir ses id\u00e9es noires dans un layout sombre, sa haine dans des tons de rouge et des mouvements secs comme un coup de katana Onzo, si elle pouvait garder le sourire aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;\u00e9tait que gr\u00e2ce \u00e0 ca, gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9gout mental, quelques clics, une timeline et du vectoriel pour pouvoir vivre avec les hommes, cette bande d&rsquo;incapables, et avec les femmes cette bande de rapaces. Son cerveau se rempli petit \u00e0 petit d&rsquo;id\u00e9es qui s&rsquo;entrechoquent, se rangent par petits groupes, se placent chronologiquement, elle commence \u00e0 voir appara\u00eetre les images qu&rsquo;elle voudrait que sa main cr\u00e9e, petit \u00e0 petit, le flux se r\u00e9gularise, mais reste \u00e9pais et violent, son esprit est occup\u00e9, veuillez r\u00e9peter votre sourire plus tard monsieur, son esprit est occup\u00e9, veuillez r\u00e9peter votre sourire plus tard monsieur, son esprit est occup\u00e9, veuillez r\u00e9peter votre sourire plus tard monsieur &#8230;<\/p>\n<p><em>Ce post fait suite aux textes N&rsquo;importe Saouak I et II que vous trouverez dans la rubrique \u00ab\u00a0Pens\u00e9es (TxT)\u00a0\u00bb dans le menu de droite, class\u00e9s dans l&rsquo;ordre chronologique inverse.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Terre avait trembl\u00e9 genre magnitude 10.5 comme sur M6, son coeur avait flanch\u00e9, elle \u00e9tait tomb\u00e9e plus bas que le garage souterrain, en dessous des tuyaux, des cables t\u00e9l\u00e9phone, du cadavre enfoui, de la couche s\u00e9dimentaire basaltique et de la poche de magma superficielle. 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