2. Burn or mount .iso file

Quand j’achète un jeu ou un logiciel, posséder son DVD imprimé me donne une impression de Nutella bien tartiné sur une tranche de pain de mie Harrys, pourtant, c’est assez rare de ma part d’acheter concrètement un jeu (plus rare que les tartines de Nutella). Depuis des années j’ai pu découvrir et passer énormément de temps à jouer aux jeux vidéos grâce au piratage, de temps en temps il me prend l’envie d’investir un peu dans la création, surtout lorsque la version « d’essai » m’a particulièrement convaincue, ou à l’occasion de promotions qui rendent le jeu abordable à mes yeux, ce qui correspond à une valeur que j’estime à 10 € pour les jeux moyens, 20 € pour les bons jeux, 30 € pour les indispensables, rarement plus.
Avant de downloader des iso à tout va, j’ai utilisé le marché de la vente/revente dans des petites boutiques, enrichissant les commerçants qui me reprenaient la moitié du prix un jeu que j’avais possédé seulement 2 semaines, pour le revendre avec encore un peu de bénéf, j’achetais régulièrement de l’import SNES à 600 FF, dont certains traînent encore à la maison tellement les remettre sur le marché me faisait mal au coeur. Puis Internet est arrivé, et avec lui les rip découpés en .rar de 1.44 Mo, c’était nouveau pour moi qui n’avait jamais eu accès aux fameux BBS où la Terre entière piratait déjà les jeux LucasArt avec protection anti-photocopie, j’ai usé quelques disquettes et aussi quelques heures à retrouver les FTP 0-Day quand une grillait, mais ce n’est pas pour autant que durant cette période je n’achetais rien, à vrai dire, c’est quand j’ai commencé le paintball que je n’ai plus acheté aucun jeu, tout était devenu beaucoup trop cher.
C’est donc depuis on va dire, 2 ans, que je recommence non seulement à acheter des jeux régulièrement, mais aussi et grâce à GS198X et Singstar, à en recevoir des versions Presse, qui, si vous n’en avez jamais vues sont légèrement différentes des versions commerciales, et m’ont amenées à cette petite réflexion ; Une version Presse possède un packaging standard mis à part l’impression sur le DVD lui-même, il est minimaliste et affiche clairement « NOT TO SELL OR RENT », quand j’en ai entre les mains, elle ne me semble avoir aucune âme, juste un disque froid qui représente l’industrie du jeu vidéo et ses stratégies commerciales de plus en plus éloignées du core gamer. Du coup, à la limite, télécharger et installer une iso me semble être un geste bien plus affectif que recevoir une version presse, je repense au temps qu’il m’a fallu pour faire fonctionner certains jeux auxquels je n’ai joué parfois que 15 minutes, mais l’excitation de mettre ma main sur une nouveauté, une rareté, ou un classique, et chercher le bon crack, la clé registre correcte, parcourir les forums, gamecopyworld, installer des anti-securom et tout ce genre de petites choses censées représenter les désagréments du piratage ne faisaient que représenter les préliminaires de l’acte (jouissif ou pas, d’ailleurs) qui allait suivre, et durer de quelques minutes à des dizaines d’heures.
Acheter un jeu original m’apporte aussi satisfaction, mais cela vient surtout comme je disais en introduction de l’impression sur le DVD, j’aime savoir que cette galette est spéciale, et même si elle est identique octet par octet à l’iso téléchargée, elle représente tout de même la récompense du travail des développeurs, leur ultime but = moi, l’utilisateur final. Comme un livre, un DVD de jeu et son packaging ont une odeur particulière, parfois des petits bonus, des stickers, un badge, un truc qui semble dire « ok t’es allégé de tes €, mais tu vois quand même on t’offre plus qu’un jeu », et si l’expérience ludique est vraiment bonne, la boite restera longtemps à la maison, en compagnie des autres.
Mais voilà qu’un concurrent sévère vient attaquer le marché des sentiments opposé au porte-monnaie : les jeux dématérialisés, Steam, et les week-end Deals qui tuent.
Ici, sentiments mélangés, on télécharge un jeu, on l’a donc immédiatement après l’achat, mais point de jaquette, il fonctionne immédiatement sans trafiquer, il se met à jour tout seul, bref, où est le plaisir ? Pour moi, cela reste souvent un moyen de me repentir de jeux que j’ai bien apprécié et cracké, de les acheter au moment d’une promo sur Steam, cela ne m’encombre pas d’une boîte qui va prendre la poussière, je sais que je pourrais néanmoins y rejouer à un moment ou un autre, et cela me soulage du poids (léger) de la culpabilité.
Alors que faire quand un cas comme Call of Duty : Modern Warfare 2 se présente ?
J’ai acheté le premier sur PC après l’avoir fini sur X360 en iso, je l’ai acheté à prix bas (si on considère que 35 € c’est bas, pour CoD4: MW, c’est presque donné) mais neuf, je l’ai rentabilisé en jouant pas mal sur le net, jusqu’à en être gavé, mais maintenant, je n’ai plus de 360 flashée, et j’étais prêt à prendre MW2 directement neuf sur un site anglais, mais Infinity Ward et Activision ont terminé de me prouver à quel point l’industrie de mon loisir favori avait des méthodes méprisables. Tout d’abord, le prix, les jeux en général sont très chers si on les achète par les circuits traditionnels FNAC, Game, etc, mais heureusement des résistants dans des paradis fiscaux nous abreuvent de prix bas toute l’année (comme chez Priba), là, la série des MW a toujours été dans les jeux les plus chers, il n’y a jamais vraiment eu de promo pour MW, et MW2 est au prix fort, même chez les discounters, de haut en bas, tout le monde veut s’en mettre plein les fouilles d’une licence qui cartonne.
Ensuite toute l’affaire des serveurs dédiés, qui, même si elle revêt peu d’importance pour moi au final, finit d’entériner la consolisation des jeux vidéos (terme volé sur le forum wefrag), cette descente en qualité des jeux PC, là où le bidouillage est plus qu’une fonction avancée, mais un art de vivre, pour atteindre la nullité des fonctions fermées et limitées d’une console, dont le seul effet positif est de niveler par le bas la qualité graphique, nous évitant de changer de PC tous les deux ans.
Pour ajouter à ça, la version PC du jeu s’encombre de Steam obligatoirement, ce qui n’empêchera personne de le pirater, mais menace de rendre le processus ennuyeux et décourageant de bêtise, ce qui m’enlèvera même le plaisir de trafiquer des heures un hamachi ou un mumble pour jouer avec mes amis, mais qui reste selon moi, la meilleure solution pour jouer à CoD6.
Donc, faites comme nous, n’achetez pas Call of Duty : Modern Warfare 2 (dumoins tant qu’ils n’ont pas sorti le patch pour les serveurs dédiés).