Es-tu cool enough, punk ?

« Tu n’es pas assez cool pour être l’un des nôtres » disaient les vampires à Butters.

Je suis assis bien trop tard devant mon ordinateur pour écrire un post que je regretterai demain matin, de la même manière que j’écris toujours des réponses à des threads qui me font rager sur des forums, et regrette immédiatement, sauf que cette fois-ci, au lieu d’avoir le courage de faire ce que beaucoup de trépanés devraient faire sur ces forums, c’est à dire ne pas cliquer sur « publier » et fermer l’onglet, je vais valider ce qui aidera un peu à re-prendre possession de ce qu’est vraiment ce site, mon weblog, un truc perso mais public, un truc intime mais auto-censuré, un truc attention-whore mais sans commentaires.
Je ne suis pas assez cool pour beaucoup de choses, la première est évidemment pour être avec la personne avec laquelle je suis, et qui, en ce moment passe du temps-cool de l’autre coté de l’océa,. A vrai dire, j’ai l’impression de sucer sa vie en lui prenant du temps pour lui parler alors qu’elle pourrait être en train de faire 1000 choses plus cools et plus enrichissantes que de lire les conneries que j’ai à raconter, les même blagues depuis des années que je rabache sans arriver à comprendre que ça peut être lassant.
Il faut se mettre à sa place, je n’ai rien engendré de créatif depuis des années, je n’arrive plus à écrire un texte correct, à exprimer des idées de manière originale, witty ou surprenante, juste j’écris toujours sur les même sujets en faisant de plus en plus de fautes d’orthographe, de grammaire et de conjugaison, qui pire que tout, je n’arrive pas à détecter même en me relisant trois fois.
Alors elle passe un mois avec quelqu’un dont le métier et le talent créatif sont reconnus et adulés par une horde de fanboy, un métier que je ne me suis jamais donné les moyens de pratiquer alors que comme UN MILLION de débiles, il fait parti de ceux dont je rêverai d’avoir la possibilité d’en vivre. Quelque chose qui, si je m’y étais mis il y a des années, quand mon cerveau était capable de générer autre chose que du stress et des préoccupations très quotidiennes, aurait sûrement donné un résultat qui, même si pas forcément révolutionnaire, aurait correspondu à une part de ce dont je rêvais.
A bientôt 33 ans, je n’arrive pas à savoir où je vais trouver la ressource de revenir au niveau de cool qu’il faudrait pour conserver et consolider une relation que je pourrais pourrir en restant simplement à regarder la télé en permanence, en pyjama, je n’ai trouvé aucun moyen de libérer de mon temps de cerveau pour créer effectivement une oeuvre, écrite, dessinée, ou autre chose. Encore une fois, mon cerveau est tellement enfoui sous cette espèce de masse énorme et pesante que représente la flemme et la démotivation, et, déjà, j’ai l’impression que j’ai grillé toutes mes cartouches, alors que j’en suis théoriquement même pas à la moitié de ma vie.

Il y a quelques temps j’ai réflechi à ce qui m’avait mené à écrire des histoires, imaginer des situations, et c’est tout simple, je fus un très gros rôliste, autant joueur que MJ, et que très loin de m’avoir enfermé socialement, cela avait forgé mon groupe d’ami adolescent (les sorties boîtes et les couples/enfant/maison se sont chargés de m’en éloigner quelque peu dès l’âge adulte) et m’avait ouvert l’esprit comme aucune autre chose n’aurait pu le faire.
Alors, très simplement, je me suis demandé pourquoi je ne faisais plus de JDR ? J’avais peu à peu abandonné par manque de joueurs, puis de temps, ensuite il y avait le paintball, mais ce n’était jamais l’envie ni la motivation qui manquaient, en fait, c’était toujours là, même avec le souvenir des parties pourries ou des joueurs de merde.
Heureusement, au même titre que vous avez toujours un copain qui fait du foot, moi j’ai toujours un copain qui fait des JDR, quelqu’un qui m’avait proposé de revenir à de multiples reprises, et à qui il me suffisait de dire « whenever, wherever » (©Shakira), pour me retrouver à une table, chose faite ce mois d’aout dernier.
J’ai donc pris ma carte de membre du club JDR, et commence tout doucement à revenir dans cet univers un peu particulier, et ça n’a pas manqué, je n’avais pas lu de livre depuis des mois, et le dernier était un recueil de nouvelles, et je m’y suis remis, je relis des règles et prépare un scénario, auquel je pense dès que j’ai un moment, afin d’en tester la solidité et la faisabilité, sachant que je me trouverai face à des joueurs exigeants et experimentés, je redessine un petit peu, oh, pas encore assez, mais l’ensemble me rend plus cool. Et plus cool, c’est se rapprocher à nouveau de l’idéal masculin qui contrairement à ce que j’ai pu croire ces derniers mois, ne se limite pas à perdre 5 kg, mais surtout à faire en sorte que le temps que je prends à ma compagne, soit du temps qui l’enrichisse au moins autant que le reste de son quotidien.
Vous ne pouvez pas imaginer ce que le JDR a pu m’apporter, j’avais ma façon de jouer, ma façon de nommer mes personnages, de leur trouver un surnom et un background, et je pensais que cela reviendrait aisément dès le début, et bien non, il est loin le temps des « Stu » et du Hobbit nécromant, des Myrrhyn chaudasses et des bases Star Wars de 10 km de long, des meurtres à la perceuse laser et des G6, des âges hyper bourrins et des parties de Dark Age masterisées par une médiéviste. Je suis rouillé, et mes premières parties sont difficiles, je suis au milieu de joueurs qui jouent toutes les semaines, certains acteurs, d’autres méticuleux, aux habitudes établies et qui n’ont pas mon temps de latence, mais qu’importe, comme j’ai dit, c’est la mécanique du cerveau qui doit se relancer, et laborieusement, elle repart, suivra ensuite la machine à créer et à imaginer, et les rouages du roleplay seront à nouveau bien huilés, prêt à botter des culs sérieusement.

« Gros con » a dit ma soeur quand je lui ai parlé de sa moustache.

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