Katy Perry (partie 2)

LAX quand tu es nourri à TMZ et au people, c’est la possibilité de voir entre chaque grosse colonne des terminaux d’arrivée une semi-célébrité et la horde de paparazzi qui l’accompagne. Nous ne verrons aucune célébrité ni paparazzi durant notre premier séjour.
LAX marque aussi la première fois pour moi où j’ai pris le volant aux Etats-Unis, cela peut paraître simple, après tout la voiture est automatique et le code de la route très identique, mais pensez à seulement 3 détails : les freeways à 8 voies, le dépassement par la droite autorisé, et la fast-lane. Cette combinaison peut donner naissance à un phénomène que je n’ai vécu que sur ce continent, ce que que j’appellerai la « Cavalcade » ; sur la plupart des voies, de gauche à droite, les voitures roulent à une vitesse assez proche, plus ou moins rapidement, on va dire une moyenne de 50 mph, à un instant, l’univers va s’aligner au même titre que les voitures, et tu vas te trouver au sein d’une ligne parfaite de voiture roulant pendant 1-2 minutes à la même vitesse, donnant l’impression d’une cavalcade calme et puissante à la fois, déboulant sur la freeway, ce moment court de communion avec 5-6 autres automobilistes est vraiment surprenant et grisant, on a l’impression de faire partie de l’assaut des plages de Normandie et de la chevauchée de la cavalerie à Waterloo … puis l’instant passe, chacun reprend sa route à son rythme, et la magie s’évanouit sur l’asphalte beige.

Los Angeles n’est pas vraiment une ville, plutôt des gros quartiers un peu différents reliés entre-eux par de larges autoroutes pleines de Prius et de BMW, et par l’intermédiaire de kwyxz, nous avons trouvé résidence dans un des plus connus : Venice Beach, plus précisément au pied du très fameux Ocean Frontwalk (tu sais là où les gens font du roller, Muscle Beach, et le skatepark dans Tony Hawk). Venice est très proche de LAX, et c’est après très peu d’Interstate que nous pénétrons au coeur de la ville, via un de ses très nombreux boulevards où s’alignent commerces et restaurants de quartier, puis après un virage serré direction l’Ouest, nous nous retrouvons au bout de la route, face à l’Océan Pacifique. Encore une fois, la claque ne vient pas de la plage et du bout de Frontwalk que nous apercevons, elle vient plus tard quand nous montons sur le toit de la résidence.

A nouveau, il est difficile de restranscrire en photo cette lumière si particulière de Los Angeles, je peux seulement expliquer qu’elle a réussi à me trouver le parfait spectre lumineux pour mon regard, tant je me suis senti à l’aise et chez moi comme rarement ailleurs. Les oranges, les jaunes, le sable et le ciel m’ont accueilli comme ils ont accueilli des millions de personnes à la recherche du secret de la célébrité et de la fortune que promet la ville, moi, je les ai ressenti comme un « Welcome Back », comme si Venice et Santa Monica m’avaient attendu toute ma vie, que je vienne enfin les rejoindre, ne serait-ce que pour quelques jours, me montrer que c’est ici que j’appartiens, et pas ailleurs.
Très rarement j’ai eu autant le sentiment d’être dans un endroit familier qu’à Los Angeles, il serait facile de penser que cela est dû à la tonne de films et séries qui se passent ici, mais non, c’est plus que ça, le rythme de la Main Street de Venice, les petites contre-allées et les bicoques (de millionnaires), conduire, marcher, manger, tout était naturellement en ordre.
Dès lors, la Californie s’est marquée en moi comme elle a marqué tous ces gens ces 100 dernières années, ces chercheurs d’or, ces provinciaux américains venus en quête de vie, ces chicanos fuyant le Mexique, et ceci en quelques heures, je n’allais penser qu’à revenir, encore, simplement pour être là, pas besoin de réfléchir à une ballade, un musée, un activité touristique, je devais simplement revenir, pour être là.

Deux ans plus tard, à l’occasion de nos errements sur Kayak, un billet Lufthansa providentiel de 480 € pour Los Angeles apparaît, dans un contexte économique où le billet d’avion atteint des sommets, il était évident que nous n’allions pas résister, et, sans trop réflechir, nous nous lançons à nouveau pour la Californie.
Cette fois-ci, nous préparons autrement notre voyage, Los Angeles sera la base de nos errements, mais rassurés par les heures de route de notre road trip de fin 2010, nous prévoyons un peu de mouvement en étoile autour de la grance cité ; San Diego, Las Vegas, Santa Barbara.