Katy Perry (partie 5)

Avant d’aller plus loin, j’aimerais ouvrir une petit parenthèse sur la nourriture et nous aux USA.

Comme on nous l’a fait remarquer, les français sont un peuple qui aime parler de nourriture pendant même qu’il mange, et c’est aussi un des grands questionnements de nos concitoyens, « la bouffe doit être bien grasse et dégueulasse là bas ! ». Oui et non. Cette semaine, j’ai entendu une de mes collègues se plaindre après ses vacances en Californie qu’on n’y trouvait que peu de choses saines à manger, j’ai été forcé de tiquer, et surtout de me la fermer pour éviter de passer pour un moralisateur encore une fois, mais il n’y a rien de plus faux, je dirais même plus, la culture de la bonne bouffe et aussi forte que celle de la malbouffe en Californie.

C’est un beau sentiment de fierté qui pourrait nous faire penser qu’on ne bouffe bien que par chez nous, et que les produits de nos terroirs sont tout ce qu’il y a de plus bio et sains, mais la Californie n’a pas attendu le label AB et Max Havelaar pour se nourrir responsable, et comme dans le reste de ce que nous avons visité des USA, il n’y a pas un restaurant qui se respecte qui n’indique très clairement que ses ingrédients sont « organic », et/ou « local », voire de spécifier une origine prestigieuse (« local organic hand picked southern california tomato »), avec un prix légèrement plus élevé biensûr, mais quand je dis légèrement, c’est 1-2$ de plus, pas 5-7€. Rassurez-vous, vu qu’il y a moyen de se faire des dollars, il y a forcément de grosses chaînes spécialisées dans ce genre de commerce, notamment le fameux Whole Foods Market.

Pour vous faire une idée de ce qu’est un WFM, il s’agit d’un bio-coop puissance Leclerc, auquel est ajouté un traiteur self-service bien souvent excellent et varié. Tout y est « organic » voire « fair-trade » et le marché si possible local. Il y a une sélection de vin plus que correcte, une marque d’enseigne, du thé bio anti-PMS, des cookies hypoallergéniques, et tout ça environ 10% plus cher qu’un supermaché américain classique, ce qui fait qu’on les trouve plutôt dans les quartiers moyen+ voire aisés, mais il n’est pas rare d’en trouver dans des coins moins bien fréquentés.
Je comparais WFM à bio-coop, cela me permet de cracher un peu sur la France au passage gratuitement, où le système de distribution du bio est simplement honteux, soit hors de prix et douteux en hyper marché, soit hors de prix dans des bio-coop prétentieuses et remplies de produits allemands et de vieux bobos dégueulasses à l’air maladif.

Revenons à notre « horrible » nourriture américaine. Lorsque nous partons pour quelques jours dans un lieu fixe, nous aimons bien prendre une chambre avec de quoi cuisiner, ce qui est plutôt facile à trouver et courant, et nous permet d’économiser un peu d’argent en mangeant des pâtes (super dépaysement), mais nous avons aussi des petits rituels :

  • Le brunch dans un dinner :  avec le décalage horaire au début, puis la fatigue plus tard, manger un bon gros petit déj à l’américaine est devenu une tradition et une sorte de moment privilégié du voyage. Bien sélectionné avec Yelp, les sites Internet locaux, ou des conseils, voire des articles dans les journaux locaux, le principe est de manger un peu de spécialité locale tout en restant dans le classique breakfast anglo-saxon. De bons hashbrowns à SF, des « biscuits » (prononcer bisskitss) dans le Sud … Aussi, plus le dinner est vieux, mieux c’est. Petit détail, ce n’est pas parce qu’un dinner est vieux qu’il est tenu par des vieux, ni même typiquement américain que le cuisinier est autre chose que chicanos.
  • Les burgers gastronomiques et/ou astronomiques : le burger est la bouffe cliché américaine par excellence, mais pas pour rien, chaque restau ou guinguette en propose, mais le tout est de savoir trouver ceux qui proposent le modèle spécial, la petite perle. Burger King, McDo et ce genre de chaîne internationale ne sert qu’à une chose : dépanner dans un coin paumé où on est pas trop sûr. En général il y a TOUJOURS une solution pour manger un burger pas cher et bon, et notamment les chaînes « locales », ces fast-food qu’on ne trouve que dans certaines parties des USA, 3-4 Etats et c’est tout. En Californie, il y a le fameux In&Out, de bons burgers qui font la fierté des californiens, mais qui sont bien bien en-dessous de la chaîne qu’on ne trouvait pas là-bas jusqu’à il y a encore quelques mois ; Five Guys. Five Guys est extrêmement simpliste : des frites en grande quantité cuites dans de l’huile d’arachide pure, des patates « locales », des burgers simples sur lesquels on choisir parmi une vingtaine d’ingrédients à rajouter. C’est TRES bon. Mais ça reste de la chaîne, ce n’est pas très très gourmet. Qu’à cela ne tienne, on trouve régulièrement des articles dans la presse qui prétendent avoir trouvé le Best Burger of … et nous de se précipiter pour vérifier. En mettant juste quelques $$ supplémentaires, nous avons donc pu goûter de superbes exemples très fins, avec des ingrédients bio, du ketchup au Jack Daniels, des patates douces frites, et toutes sortes de choses qui font que là aussi, trouver le bon burger du coin est presque devenu un rituel.
  • Les petits snacks : le carburant du bon road trip : Arizona Ice Tea, Malteser, mini-donuts au gras, Doritos double saveur.
  • Le cocktail chic : le plaisir décadent de boire un cocktail dans un lieu emblématique, Chateau Marmont, Beverly Hills Hotel. Et ça généralement à 17h dans l’après-midi, on a pas mangé depuis longtemps du coup on est bourrés direct.
  • Le jap : dépaysement garanti, je ne parle pas du fait de manger de la bouffe japonaise aux USA, mais surtout de voir la différence entre un faux japonais classique de nos contrées, avec 3 sushis différent et 4 brochettes toutes sèches, ou même un jap rue St Anne à Paris, et un jap made in USA : LE CHOIX. Le menu est presqu’un annuaire, c’est impressionnant, copieux et bon. Ne faites pas genre « ah oué on va pas manger du japonais aux Etats-Unis quand même », DO IT.

Il ne faut pas croire non plus qu’un environnement urbain typique américain incite à la mal bouffe, bien au contraire, les villes accueillent souvent des Farmer’s Market où vous trouvez de tout, et aussi de quoi manger sur le pouce, là encore, du local, du bio, et tout ce qui fait frémir la petite corde anti-malbouffe de nos concitoyens, et directement du producteur s’il vous plaît.
Un dernier élément capital du paysage de Los Angeles : le Food truck. Souvent aperçu dans les films américain, l’image du Food truck pour nous français est un vieux mexicain sale qui vend « les meilleurs hot-dogs du coin », il n’est pas censer payer de mine, mais il est super bon. La réalité me semble un peu différente, il y a effectivement des petites perles dégueulasses cachées dans les pires quartiers, où l’angelino brave le danger pour déguster du burrito de très haut niveau, mais à l’ère de twitter, la nouveauté est de suivre son truck selon ses déplacements, ou de se rendre dans des rassemblements de Food trucks, où l’on peut apprécier l’immense variété et surtout la qualité et l’originalité de cette institution sur roues. Et puis oubliez les hot-dogs, au même titres que l’on trouve de tout dans les restaurants américains, là encore, vous pourrez déguster de l’Éthiopien, des pâtisseries artisanales (FAIR TRADE LOCAL ORGANIC), du classique burrito et du burger bien sûr, mais plein d’autres choses surprenantes et sans doute excellentes. Ceci dit, on m’a pas payé pour dire ça et j’ai pas goûté à tout, mais vu la fierté de l’américain à en parler et sa fidélité dans la recherche de son Food truck préféré, c’est à n’en point douter quelque chose à ne pas manquer lors d’un séjour là-bas.